Protéger son idée ou son projet avant de chercher des investisseurs
Avant de pitcher devant un fonds, un accélérateur ou un business angel, horodatez vos livrables clés. NDA, pitch deck, business plan : ce qui marche vraiment.

Vous avez un deck béton, un proto qui tourne, et un premier call avec un fonds demain. Mais qu'est-ce qui prouve que tout ça, c'est vous ?
Pas grand-chose, en l'état. Un fichier PowerPoint sur votre Drive, un Notion partagé, un repo GitHub privé. Rien qui constitue une preuve solide d'antériorité si quelqu'un reprend votre concept, votre architecture ou vos projections six mois plus tard.
Cet article explique ce qu'il faut horodater avant de pitcher, pourquoi le NDA ne suffit pas, et comment mettre en place un workflow simple pour sécuriser vos livrables.
Soyons honnêtes : une idée ne se protège pas
Commençons par ce que personne ne veut entendre. Une idée seule n'est pas protégeable. Ni par le droit d'auteur, ni par un NDA, ni par un brevet (sauf cas très spécifiques d'invention technique).
Ce qui se protège, c'est la trace d'exécution : un document rédigé, un prototype fonctionnel, une maquette, un business plan chiffré. Bref, tout ce qui prouve que vous avez matérialisé votre idée à une date donnée.
Et c'est exactement ce que permet l'horodatage : figer un fichier dans le temps, créer une empreinte (hash) vérifiable, et ancrer cette empreinte sur un registre immuable.
Un investisseur qui voit votre deck peut s'inspirer de votre approche. Ce n'est pas illégal. Mais si vous avez horodaté votre deck, vos maquettes et vos projections avant le rendez-vous, vous disposez d'un faisceau de preuves solide en cas de contestation.
Le NDA : pourquoi ça ne marche pas (souvent)
Beaucoup de fondateurs pensent qu'envoyer un NDA avant un pitch suffira à les protéger. La réalité du terrain est différente :
- La majorité des VCs et business angels refusent de signer un NDA avant un premier échange. Ils voient des dizaines de projets par semaine, parfois sur des thématiques proches. Signer un NDA les exposerait à des conflits d'intérêts permanents.
- Un NDA mal rédigé ne protège rien. Si les clauses sont vagues ou si le périmètre est trop large, c'est difficilement opposable.
- Faire respecter un NDA coûte cher. Même avec un accord signé, aller au contentieux demande du temps, de l'argent et des preuves. Justement, des preuves.
Le NDA n'est pas inutile. Il a sa place dans certaines situations (due diligence avancée, partenariat technique, accès à des données sensibles). Mais pour un premier pitch, il est rarement accepté et encore plus rarement suffisant.
Exiger un NDA dès le premier contact envoie parfois un mauvais signal : manque de maturité, méfiance excessive, ou surestimation de l'originalité du projet. Mieux vaut arriver avec vos preuves déjà constituées.
Ce qu'il faut horodater avant un pitch
Voici les documents à figer et horodater avant toute rencontre avec un investisseur, un accélérateur ou un mentor :
- Le pitch deck (PDF exporté, pas un lien Google Slides qui évolue).
- Le business plan ou le mémo stratégique (version datée, figée).
- Les maquettes / mockups (exports Figma en PDF ou PNG, pas un lien live).
- Le prototype ou la démo (capture vidéo, archive du code source, screenshot daté).
- Les projections financières (tableur exporté en PDF ou XLSX figé).
- Le code source (archive ZIP ou tarball d'un commit précis).
- Tout document stratégique partagé en amont : roadmap produit, étude de marché, analyse concurrentielle.
L'idée n'est pas de tout horodater frénétiquement. C'est de couvrir les livrables que vous allez effectivement partager. Si un investisseur reçoit votre deck V3 et vos projections financières, ces deux fichiers doivent être horodatés.
Le workflow concret : du fichier au pitch
- 1Figer la version de chaque documentExportez vos fichiers dans un format stable : PDF pour le deck et le business plan, PNG/PDF pour les maquettes, ZIP pour le code source. Nommez clairement chaque fichier (ex. deck_monprojet_v3_2026-04-20.pdf).
- 2Générer le hash et horodaterCalculez l'empreinte SHA-256 de chaque fichier, puis horodatez-la. LegalStamp automatise cette étape : téléversement, calcul du hash, ancrage via OpenTimestamps sur Bitcoin, génération du reçu de preuve.
- 3Archiver le pack de preuveConservez ensemble : le fichier original figé, le reçu d'horodatage (.ots), et un fichier de contexte (nom du projet, version, date, destinataire prévu). Un dossier PROOF/ par levée ou par phase suffit.
- 4Pitcher sereinementPartagez votre deck et vos documents comme d'habitude. Vous savez que chaque fichier envoyé est adossé à une preuve d'antériorité vérifiable, indépendante de la bonne volonté du destinataire.
- 5Vérifier si besoinEn cas de doute ou de litige, recalculez le hash du fichier partagé et comparez-le avec le reçu horodaté. La correspondance prouve que le document n'a pas été modifié et existait à la date indiquée.
Téléversez vos fichiers -> hash automatique -> horodatage blockchain (OpenTimestamps/Bitcoin) -> reçu vérifiable -> archivage par versions. Tout tient en quelques minutes, même la veille d'un pitch.
Les erreurs qui ruinent une preuve
Quelques pièges classiques chez les entrepreneurs pressés :
- Horodater un lien live (Google Slides, Notion, Figma) au lieu d'un export figé. Le contenu change, le hash ne correspond plus.
- Oublier de refaire la preuve quand le deck évolue. Chaque version partagée mérite son propre horodatage.
- Ne pas conserver le fichier original. Sans le fichier, le hash et le reçu sont invérifiables.
- Horodater après le pitch. La preuve d'antériorité fonctionne parce qu'elle est antérieure au partage. Après, c'est trop tard.
- Compter uniquement sur le NDA. Comme vu plus haut, c'est rarement suffisant et souvent refusé.
Ce que ça prouve, ce que ça ne prouve pas
Ce que l'horodatage prouve :
- Qu'un fichier précis existait sous cette forme exacte à une date donnée.
- Que le fichier présenté plus tard est identique à celui horodaté (intégrité).
- Que vous aviez une version matérialisée de votre projet avant de la partager.
Ce que ça ne prouve pas seul :
- Que vous êtes l'auteur (mais combiné aux échanges, au contexte et aux sources, ça renforce fortement votre position).
- Que votre idée est unique ou brevetable.
- Que l'investisseur a copié volontairement (c'est une question de fait, pas de preuve technique).
L'horodatage ne remplace pas un avocat en propriété intellectuelle. Il constitue une brique de preuve, souvent la plus facile à mettre en place, et la plus difficile à contester.
Quand est-ce vraiment utile ?
Vous n'avez pas besoin d'horodater chaque brouillon. Voici les moments où ça compte :
- Avant un premier pitch avec un VC, un business angel ou un accélérateur.
- Avant d'envoyer un deck à quelqu'un que vous ne connaissez pas encore bien.
- Avant une due diligence, quand des documents sensibles sont partagés.
- À chaque version majeure de votre produit ou de votre stratégie.
- Avant un partenariat technique où vous partagez de la propriété intellectuelle.
FAQ
Jeremy
Fondateur de LegalStamp, passionne par la blockchain et la protection des creations.


