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Cas d'usage

Protéger une création (logo, design, texte) avant de la partager : timing, workflow et preuves

Avant d'envoyer un logo, un design ou un texte à un client, sécurisez une preuve d'antériorité : timing, workflow, éléments à conserver et pièges à éviter.

11 min de lecture
Protéger une création (logo, design, texte) avant de la partager : timing, workflow et preuves

Vous venez de finir un logo, une maquette Figma, un concept de campagne, un texte, une tagline, et vous devez le partager (client, agence, imprimeur, prestataire, partenaire). C'est souvent là que l'inquiétude arrive : "Et si on me le reprend ? Et si on dit que ça existait avant ? Et si on conteste la date ?"

Vous pouvez vous protéger en créant, avant le partage, une preuve technique d'antériorité : empreinte (hash) + horodatage + archivage.

Dans cet article : quand faire la preuve (timing), comment (workflow), quoi conserver (preuves), et les pièges qui cassent une preuve.

Horodater un fichier, c'est enregistrer à une date donnée l'empreinte unique (hash) de ce fichier, pour démontrer qu'il existait déjà sous cette forme.

Définition simple

  • Hash (empreinte) : une "signature" mathématique unique de votre fichier (ex. SHA-256). Si le fichier change (même 1 pixel), le hash change.
  • Intégrité : capacité à prouver que le fichier n'a pas été modifié depuis la preuve.
  • Horodatage : association d'une date à ce hash via un mécanisme d'horodatage (par exemple OpenTimestamps ancré sur Bitcoin), avec un "reçu" vérifiable.

Un hash prouve l'intégrité. Un horodatage prouve l'existence à une date. Les deux ensemble renforcent une preuve de version.

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Le réflexe qui change tout

Faites la preuve avant le premier envoi (email, Drive, Slack, WeTransfer). Une preuve faite après partage perd une grande partie de sa force persuasive.

Comment ça marche

Timing : à quel moment horodater ?

En pratique, il y a 3 bons moments (souvent complémentaires) :

  1. Dès qu'une version "présentable" existe (V0 / V1) : avant toute discussion externe.
  2. À chaque jalon important : version envoyée au client, version validée, version livrée.
  3. Avant publication : mise en ligne, dépôt d'app, diffusion sur réseaux, mise en production.

L'objectif n'est pas d'horodater tout et n'importe quoi, mais de couvrir les versions clés liées à des échanges ou décisions réels.

Workflow recommandé (simple et robuste)

  1. 1
    Figer la version à partager
    Exportez une version stable (PDF/PNG pour un design, SVG/AI + export PDF pour un logo, PDF/Markdown pour un texte). Nommez-la clairement (ex. logo_clientX_v1_2026-02-22.pdf).
  2. 2
    Générer l'empreinte (hash) et horodater
    Calculez le hash du fichier et créez un horodatage (ex. via OpenTimestamps). LegalStamp automatise ce couple hash + horodatage et génère un reçu de preuve.
  3. 3
    Archiver le pack de preuve
    Conservez ensemble : le fichier original, le reçu d'horodatage, et un petit fichier de métadonnées (contexte, client, brief, version, date d'envoi prévue).
  4. 4
    Partager (sans écraser la version)
    Envoyez la version figée. Évitez les liens qui remplacent le fichier à la même URL. Préférez un lien par version ou un fichier attaché.
  5. 5
    Pouvoir vérifier plus tard
    Le jour d'un doute ou d'un litige, vous re-calculez le hash du fichier présenté et vous vérifiez qu'il correspond au reçu horodaté.

Exemple rapide : vérifier un hash (utile en cas de contestation)

bash
# macOS / Linux
shasum -a 256 logo_clientX_v1_2026-02-22.pdf

# Windows PowerShell
Get-FileHash .\logo_clientX_v1_2026-02-22.pdf -Algorithm SHA256

L'idée : le hash recalculé doit correspondre à celui de votre preuve.

Workflow LegalStamp (type)

Téléversement -> hash automatique -> horodatage (OpenTimestamps/Bitcoin) -> reçu + vérification -> archivage par versions. Vous gardez un historique clair et vérifiable.

Ce que ça prouve / ne prouve pas

Ce que ça prouve (généralement)

  • Que ce fichier précis (via son hash) existait au plus tard à la date d'horodatage.
  • Que le fichier présenté ensuite est identique à celui horodaté (intégrité).
  • Que vous avez une traçabilité de versions (si vous horodatez V1, V2, etc.).

Ce que ça ne prouve pas, à elle seule

  • Que vous êtes l'auteur (l'horodatage prouve l'existence d'un fichier, pas automatiquement la paternité).
  • Que l'autre partie n'avait pas une création similaire avant (il peut y avoir des créations indépendantes).
  • Le contexte complet (brief, échanges, commande) si vous ne conservez pas d'éléments complémentaires.
!
Piège fréquent : confondre antériorité et paternité

Une preuve d'antériorité renforce votre dossier, mais l'attribution d'auteur dépend souvent d'un faisceau d'indices (process de création, échanges, versions, fichiers sources, etc.).

Preuves à conserver (le pack "béton")

Pour maximiser la valeur probante en pratique, conservez :

  • Le fichier horodaté (export figé) + les sources (AI/PSD/Figma export, texte source).
  • Le reçu d'horodatage (preuve technique) + le hash.
  • Les métadonnées de projet : brief, date de création, nom du client/projet, version.
  • Les échanges liés à la création : email (avec en-têtes si possible), messages, comptes-rendus.
  • Les éléments de transmission : mail d'envoi, lien de partage, preuve de dépôt, accusés.
  • L'historique de versions : fichiers datés, changelog, exports intermédiaires.
  • Les contrats/conditions si existants : devis, bon de commande, NDA, CGV, clause de cession.

Astuce simple : faites un dossier PROOF/ par projet, avec une arborescence stable.

Pièges à éviter (ceux qui cassent une preuve)

  • Horodater un fichier "vivant" (lien Figma/Drive qui se met à jour) au lieu d'un export figé.
  • Écraser un fichier partagé (même URL, même nom) et perdre la version envoyée.
  • Ne garder que des captures d'écran : faible traçabilité, ambiguïté sur la source.
  • Horodater après l'envoi : l'autre partie peut contester l'antériorité relative.
  • Ne pas conserver le reçu ou perdre le fichier original : sans l'un ou l'autre, la vérification devient difficile.
  • Mauvaise hygiène de versions (noms flous, "final_v3_def_def2") : incompréhensible en cas de conflit.
  • Oublier le contexte (brief, échanges) : un hash seul raconte peu d'histoire.

Bonnes pratiques

  • Exporter une version figée avant tout partage (PDF/PNG/SVG selon le cas).
  • Horodater chaque version envoyée (au minimum V1 envoyée, V2 validée, V3 livrée).
  • Conserver fichier + reçu + métadonnées dans un dossier d'archive.
  • Éviter les liens qui écrasent le contenu ; préférer un lien par version.
  • Garder les sources (AI/PSD) + un export lisible (PDF).
  • Documenter en 5 lignes : projet, date, destinataire, version, objectif.
  • Sauvegarder sur 2 emplacements (ex. disque + cloud) avec accès maîtrisé.
  • Prévoir un mode "vérification" (recalcul du hash) le jour où vous en avez besoin.

FAQ

1) Est-ce que l'horodatage "prouve" que je suis l'auteur ?

Il renforce fortement un dossier en prouvant qu'un fichier existait à une date et n'a pas été modifié, mais la paternité peut dépendre du contexte et d'éléments complémentaires (sources, process, échanges).

2) E-mailer le fichier à moi-même, ça suffit ?

Ça peut aider comme élément de contexte, mais c'est souvent moins robuste qu'un mécanisme d'horodatage vérifiable + un archivage propre. L'idéal est de combiner : horodatage + traces d'échanges.

3) Pour un logo : j'horodate quoi exactement ?

En pratique :

  • un export PDF (lisible, stable)
  • un SVG si possible
  • et, si vous l'avez, le fichier source (AI/PSD) ou une archive ZIP (versions figées).

4) Et si je modifie juste un détail après ?

Même un micro-changement modifie le hash. Il faut alors horodater la nouvelle version (V2). D'où l'intérêt d'un workflow par versions.

5) Peut-on horodater un dossier complet ?

Souvent on passe par une archive ZIP figée (ou une sélection de fichiers clés). L'important est que le "conteneur" horodaté reste stable et archivé.

6) Est-ce que la blockchain est obligatoire ?

Non, le concept clé est : hash + horodatage + vérifiabilité. Certains choisissent des ancrages blockchain (ex. OpenTimestamps/Bitcoin) pour la robustesse et la vérification indépendante.

7) Combien de temps une preuve reste valable ?

Tant que vous conservez le fichier original, son hash et le reçu, la vérification reste possible. La durabilité dépend surtout de votre archivage.

8) Que faire si je n'ai plus le fichier original ?

Vous perdez une partie critique : la preuve repose sur la comparaison du fichier (ou de son hash) avec le reçu. Sauvegarde et organisation sont essentielles.

9) Les créations assistées par IA, c'est différent ?

Le besoin de traçabilité reste le même : version figée, horodatage, et conservation du contexte (prompt, itérations, retouches, fichiers sources). Ça aide à documenter votre process.

Conclusion

Partager une création sans trace, c'est un risque évitable. Le réflexe à construire : figer → hasher → horodater → archiver → partager sans écraser. On ne cherche pas une preuve infaillible. On construit une preuve technique claire qui tient quand quelqu'un conteste la chronologie.

LegalStamp gère le hash, l'horodatage et le reçu en une étape, ce qui permet de le faire pour chaque version sans que ça devienne une tâche en soi.

Jeremy

Jeremy

Fondateur de LegalStamp, passionne par la blockchain et la protection des creations.

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